Les hommes du 140e RI pendant la guerre de 14-18

Ils témoignent...

Jean BRETON

Jean BRETON
  • Nécrologie
  • Jean-Baptiste JOURJON

    Né en 1895, à Villars (42). Aurait été employé à la Manufacture d’Armes et de Cycles de Saint-Etienne, tout en résidant à Villars. Décédé en 1964 et enterré au cimetière de Villars.
    Il a dû être incorporé en décembre 1914 avec la classe 1915. Aucun indice sur son itinéraire de 1915. En janvier 1916, passe au 140e R.I. de Grenoble. Début juin 1916, échappe à la mort : un obus tue la majorité des membres de sa section. Le 20 août 1916, dans le secteur de Verdun, à Fleury-devant-Douaumont, est enterré par un obus ; déterré par ses camarades, fortement commotionné, est évacué par train sanitaire et hospitalisé à Vittel. Rejoint son régiment vers le 20 septembre 1916. En janvier 1917, effectue avec son unité de longues marches épuisantes dans le froid rigoureux. Début février, est aux tranchées dans la Somme, au moins jusqu’en mai. Au repos en juillet 1917, faisant office de cuisinier, avec trois autres camarades, pour nourrir une demi-compagnie du 140e R.I.. Remonte aux tranchées, dans la Somme ou dans l’Aisne ; son régiment combat durement en octobre 1917, et subit de lourdes pertes, avant d’être envoyé au repos en novembre dans les environs de Chantilly. Passe une partie de l’hiver dans des baraques en planches, dans une forêt non localisée ; en janvier 1918, Jean-Baptiste y contracte une forte bronchite, aggravée par une mauvaise réaction à un vaccin contre la typhoïde. De retour aux tranchées en février 1918, proche de la dépression nerveuse, est affecté à un service de cuisine. Est de retour aux tranchées début avril. Est épuisé par les marches nocturnes forcées liées à l’offensive allemande de fin mai 18. Aucun renseignement sur son itinéraire de juin à fin août. Pris de fièvre, est évacué, et hospitalisé à Grenoble en septembre. La dernière carte datant du 18 septembre 1918, l’itinéraire de fin de guerre jusqu’à la démobilisation reste inconnu.

    Correspondance amoureuse de 63 cartes postales adressées du 11 janvier 1916 au 18 septembre 1918 à sa fiancée Claudine Peyrard de Villard, et correspondance en retour de 72 cartes postales écrites du 23 janvier 1916 au 6 août 1918, le tout figurant dans un album de cartes postales anciennes offert par ma femme Françoise à l’occasion de mon 50e anniversaire, en décembre 1996. Correspondance très émouvante par sa sincérité et par son orthographe extrêmement incertaine, surtout de la part de Jean-Baptiste. En revanche, la correspondance du frère de Claudine, Gabriel, né en 1897, soldat successivement au 98e R.I. de Roanne depuis avril 1916, puis brièvement au 37e R.I. de Troyes, puis au 13e B.C.A. de novembre 1917 à sa mort en Belgique, le 28 mai 1918, est presque vide de contenu informatif, bien que comportant 143 cartes adressées à sa mère et à sa sœur Claudine, figurant aussi dans l’album.

    Sources : AD 42 

    Claude MURAT

    Né le 6 août 1896 à L’Etrat (La Côte) dans une famille de trois enfants. Parents agriculteurs, père décédé en 1909 ; mère continuant à travailler la ferme avec ses deux jeunes fils et sa fille. Claude reste à la ferme jusqu’à son départ à la guerre en avril 1915. Après la guerre, son frère aîné Antoine (classe 14) ayant été tué le 23 octobre 1917, il décide de reprendre la ferme qui devait revenir à son frère. Se marie en 1925 et exploite la ferme de La Côte, à L’Etrat, jusqu’à sa retraite prise en 1961. Reste ensuite dans cette ferme, transmise à son fils et sa belle-fille. Décédé le 2 juin 1991, à l’âge de 95 ans.

    Incorporé en avril 1915 à la 14e Section d’Infirmiers de Lyon, puis versé en juillet 1915 au 140e R.I. de Grenoble qu’il rejoint au front, avant de passer au 340e R.I., le régiment de réserve correspondant. Arrive en arrière du front le 14 juillet 1915. Ne se souvient pas des secteurs occupés pendant le second semestre de 1915 et dans l’année 1916, ni des combats livrés. Est fait prisonnier le 6 décembre 1916 à la Cote 304, vers le Morthomme, à une vingtaine de km à l’ouest de Verdun. Les prisonniers sont emmenés à pied jusqu’à Stenay, dans la Meuse (à 45 km au nord de Verdun) où ils sont passés en revue par le Kronprinz, fils de l’empereur Guillaume II ; puis ils sont envoyés en Allemagne, en Rhénanie, au camp de Wahn (à 10 km au sud-est de Cologne) ; à la fin de l’année 1917, Claude est transféré en Hesse au camp de Limburg an der Lahn (à 30 km à l’est de Coblence). Pendant ses deux ans de captivité, sera constamment détenu en camp, affecté essentiellement à des travaux de cantonnier chargé de l’entretien des routes dans le voisinage des camps, ainsi que d’extraction de sable ou de rochers dans des carrières, sous la garde de sentinelles. A souffert de la faim et vécu principalement sur les colis expédiés par sa mère et son entourage. Libéré du camp de Limburg après l’armistice, est de retour chez lui le 6 décembre 1918.
    Démobilisé de manière anticipée (comme soutien de famille ?) en janvier 1919.

    Entretien réalisé le 9 février 1990 par Lucien BAROU (témoin âgé de plus de 93 ans) à son domicile de La Côte, à l’Etrat. Par ailleurs, quelques lettres de captivité écrites à sa mère ainsi qu’un cahier de 32 pages où Claude avait relevé les textes de ses lettres et cartes écrites du 3 mars au 3 novembre 1918 ont été confiées à Lucien BAROU pour photocopie par sa belle-fille, Mme Murat, en septembre 1999.

    Pierre RIGNON

    Pierre RIGNON, fils d'un commis principal de la Compagnie P.-L.-M., était engagé volontaire au 140me régiment d'infanterie, depuis le mois de mars 1913. Il appartenait au 1er Bataillon qui était à la veille de la guerre dans les Alpes, et fut rappelé à Grenoble le 28 juillet 1914.